Avec le Temps - Leo Ferré



Et il ne comprenait pas que nous étions bien loin de la complicité des premiers jours, des sourires, et des étreintes données, sans autre but que de retenir l'autre. Aujourd'hui, il nous fallait plus, il me fallait plus. Je l'aimais lui et ses multiples facettes ; le boudeur, l'enfant, le protecteur, l'Homme. Je l'aimais dans les silences choisies, ceux où blottie dans ses bras je me sentais protégée de tout. Et aujourd'hui ..
Aujourd'hui, assis sur un banc il ne tient pas à partager ses silences les plus lourds. A l'écart je le regarde se perdre au loin, et je ne me suis jamais sentis aussi inutile à celui que j'aime. Je me dis qu'une part de sa vie m'échappera toujours. Qu'il me réserve le meilleur, le futil, ces choses qu'une fille quelconque aurait également pu lui rendre. Alors que moi .. Je voulais faire la différence. Je voulais être la différence. Celle qu'il appelle quand rien ne va, celle qui n'aura jamais de bonnes réponses mais qui lui suffiront pourtant.

Et aujourd'hui ..

C'est fou comme je me sens seule

# Posté le vendredi 10 juillet 2009 04:16
Modifié le vendredi 10 juillet 2009 06:08

When I was a child

When I was a child
Alors j'ai regardé en arrière, faisant le point sur mon passé. Je me rendais soudain compte que des centaines de milliers d'images s'étaient endormies en moi, esperant un jour, être ramenées à la surface. C'est ainsi que je pu distinguer plus nettement que jamais ce cerisier auquel je grimpais de l'àge de 6 ans à celui de 12, dans cette petite maison en L que j'avais appris à aimer malgré l'inconfort. Je revoyais mes coupures, mes égratignures que je jugeais comme étant "les risques du métier". Je ris de ce souvenir qui m'arracha néanmoins quelques larmes d'amertume. Comment était-ce arrivé ? Quand était-ce arrivé ? J'avais comme en chacun, le potentiel pour être heureuse, pour donner à ma vie les couleurs dont l'enfance avait éclaboussé mes traits. Et pourtant, quelques années plus tard je me retrouvais face à une impasse cherchant au plus profond de moi même, cet éclat que le temps, les déceptions, et les échecs, m'avaient ravi. J'étais alors incapable de voir ce qu'il me manquait, et de répondre à mes besoins. Je suivais ma route sans but, et refusais obstinément de saisir les opportunités qui s'offraient à moi. Enfant, je ne parvenais à m'endormir que si la porte de ma chambre restait ouverte ; signe que l'exterieur de n'effrayait pas, que j'étais prête à sortir de mon monde. Aujourd'hui, portes, fenêtres, volets clos, je repense à ce sourire que j'avais lorsqu'il m'arrivait de découvrir une pièce de 10 francs glissée sous mon oreiller après le passage de la "petite souris", et je me dis,

"Qu'il était bon ce temps là .."
# Posté le dimanche 05 juillet 2009 15:35
Modifié le dimanche 05 juillet 2009 16:43

Et si tu décidais de t'en aller ?

Et si tu décidais de t'en aller ?
"Je ne t'ai jamais rien promis, tu n'écoutes rien, ne comprends que ce qui t'arrange. Tu es beau, tu me plais. T'as un truc. Et après ? Tu veux que j'te dise ; y'en a un autre. Il ne me veut pas plus que tu ne me désires toi. Je dirai même qu'il se fout de ma gueule contrairement à toi qui me trouve belle. Qui me rend belle. Mais tu vois, il a LE truc. On a envie de souffrir pour lui, on serait prêtes à tout pour savoir que "ce regard là, qu'il vient d'avoir, il ne l'a que pour moi, moi seule". On a envie de lui appartenir. On a envie de tout, d'absolument tout. Parce que justement il n'est à personne et ne le sera jamais. Parce que justement je n'aurai toujours le droit qu'à un au revoir et jamais à un Merci. Parce que lui me dira J'te baise plutôt que Je t'aime.
Tu vois c'est peut-être un conard, mais il ne me promet rien.
Il n'attend rien.
Et ça fait un bien fou de se sentir libre, de penser que l'on est un corps de plus et rien d'autre. Que la vie finalement n'est pas si compliquée. Pouvoir faire de l'amour une envie passagère, et plus un besoin vital. Ne plus désespérer de trouver LE bon ; voir en chaque homme une aventure possible et ne plus se poser de question. Aimer chaque corps qui le veut bien, s'en satisfaire.

Et si je décidais de m'en aller ?"
# Posté le lundi 22 juin 2009 15:10
Modifié le mardi 23 juin 2009 15:16

L'attente de mieux, avec ce qu'on a déjà.

L'attente de mieux, avec ce qu'on a déjà.
Le cendrier déborde, les doigts noirs. Allongée sur le sofas, bras dans le vide. Tu as la tête qui tourne et la machoire serrée. Des lèvres bleuies, un cou transparent. Tu as froid mais n'a pas la force de te couvrir les jambes. Ta potirine se lève et s'abat en un rythme lourd et irrégulier. Un faible sifflement s'échappe entre tes dents. Cela fait des jours que tu ne réponds plus au téléphone, des jours que ton estomac noué lutte contre la faim. Des cheveux commencent à tomber, ils collent à ton front cireux. On a peur de Toi.
Et tu ne réalises toujours pas, qu'il est partit. Tu ne comprends toujours pas, qu'il ne t'aime plus. Tu portes sa chemise blanche à présent maculée de ta crasse pour ne pas l'oublier. Tu revois sa peau dans tes pensées, et en un instant, ressens de nouveau sa peau glisser sur la tienne. Tu en frissonnes.


"Je n'y aurai plus droit"


On sonne à la porte.
On sonne encore.
Tu fermes les yeux.
Ton ventre ne crie plus.
Ta poitrine ne s'élève plus.
On sonne à la porte.
Encore.
Ta machoire se desserre.
Et la chemise.
Sa chemise ..
# Posté le jeudi 18 juin 2009 17:27
Modifié le vendredi 19 juin 2009 06:29

A L I V E
# Posté le jeudi 18 juin 2009 16:31